El miedo al coco – Sur la côte caraïbe colombienne

9 août : retrouvailles ! Il est 3 heures du mat’ à l’aéroport de Bogota, le voyage nous tend les bras.

Bonheur, moiteur, torpeur… c’est à Carthagène des Indes que l’on redécouvre la chaleur des tropiques.
La population métissée témoigne du passé de la ville qui fut le plus important port sud-américain de traite des esclaves. Pendant l’époque coloniale, Cartagena était aussi une cible de choix pour les flibustiers. Pour se protéger de la piraterie, les espagnols édifièrent plusieurs kilomètres de fortifications et des forts autour de la ville.
Aujourd’hui, la cité fortifiée semble davantage tournée vers la séduction : charmante, pimpante, animée. On déambule dans les rues pavées du centre historique accompagnés de Mathias, le cousin de Thomas. Les balcons débordent de bougainvilliers et de thunbergias. C’est ambiancé dans les rues : petites fanfares et tambours, marchands de rue, places ombragées pleines de vie, calèches, street art, danseurs et rappeurs de rue (Mathias est dans la place !).

Si Carthagène était le principal bastion d’outre-mer de l’Empire espagnol et est aujourd’hui une des villes les plus prospères de la côte caraïbe, sa voisine et aînée, Santa-Marta, pourtant la plus ancienne ville coloniale européenne d’Amérique du Sud (fondée en 1525), n’a pas le même éclat. Santa-Marta est plus brute, moins séduisante, avec moins d’artifices sans aucun doute, et probablement plus de misère. C’est d’ailleurs à Santa-Marta que l’on est témoins pour la première fois de la crise du Venezuela : dans la rue des vénézuéliens tentent de vendre des liasses et des liasses de leurs billets qui ne valent plus rien, ou confectionnent de l’artisanat sous forme de billets tressés (sacs à main, portefeuilles). L’effondrement de leur monnaie, le Bolivar, est tel que le salaire minimum leur permet tout juste d’acheter deux rouleaux de papier toilette (en janvier 2019).

Après ces découvertes urbaines, en route vers la nature. Nous partons pour le Parque Nacional Natural Tayrona, entre mer des Caraïbes et forêt tropicale.
Balades sur la côte, en forêt, ou sur le sentier des mules qui transportent sans relâche quantités de touristes étrangers et colombiens. Ça galope, on marche au pas, on scrute les feuillages et on guette la faune (oiseaux, grenouilles, bébés iguanes, singes, agouti…). Thomas se réjouit des « dindons sauvages » et on ne se lasse pas de retrouver la nature tropicale, que ce soit en arpentant la forêt et les plages – là-bas des palétuviers, oh ! un ancien nid de tortue verte en limite des patates bord de mer – ou en lézardant sur le sable – ici des raisiniers bord de mer, et tiens là-haut un cocotier… El coco a failli frapper ! Nous étions si ravis de ce beau carré de sable libre et ombragé que nous en avions oublié le risque d’assommage tropical. Si « el coco » fait planer sa menace sur les baigneurs, nos voisins de serviettes nous apprennent que c’est aussi le nom du croque-mitaine hispanique.

Le parc Tayrona tient son nom des Tayronas qui peuplaient la région avant la colonisation espagnole, et qui furent pillés de leurs richesses et décimés par les conquistadors. Les descendants des Tayronas (Koguis, Wiwas, Arhuacos, Kankuamos) vivent aujourd’hui dans la Sierra Nevada de Santa Marta, un des plus hauts massifs côtiers du monde (5 775 m). Certains membres de la communauté Wiwa font partie de l’équipe de Mundo Nuevo, notre auberge sur les hauteurs de Minca. Le superbe cadre et la forêt nous retiennent ici pendant près d’une semaine. Farniente, ornitho (toucans !!), rando dans les montagnes et à travers les plants de café autour de Minca, découverte de la culture et fabrication du cacao dans une finca (ferme) avec dégustation et petit soin du visage chocolaté à la clé, lecture, bullage, hamacs…

7 commentaires

  1. Super ! Votre blog est très bien écrit, et les photos sont superbes ! C’est un régal de vous lire, et une bouffée d’air pur !

    J’aime

Répondre à amel Annuler la réponse.